Le vignoble de CAHORS est un des plus anciens de France puisque CESAR, entrant à Cadurcurum à la tête de ses légions  romaines, trouva un authentique vignoble gaulois.

      En l'an 92, devant l'abondance de la production viticole, le recul de la culture du blé et l'ampleur des fêtes bachiques aux  moeurs corrompues et dépravées, Domitien, empereur romain donna l'ordre d'arracher les vignes des terrains du Quercy et  d'ailleurs.

     Au IIIème siècle, l'empereur PROBUS réhabilita la culture de la vigne et donna l'autorisation de la replantation en 276.

     Le vin quercynois se révèle d'une telle qualité qu'au VII ème siècle, Saint Paul, évêque de Verdun remerciait en ces termes, Saint  Didier, évêque de Cahors, d'un envoi fort apprécié. "Je rends grâce à votre éminence des dix vases du noble Falerme qu'elle a  daigné m'envoyer".

     En 1152, le mariage d'ALIENOR d'Aquitaine, épouse divorcée de LOUIS VII, roi de France, avec HENRY II Plantagenet, roi  d'Angleterre fut à l'origine d'un considérable développement du vignoble quercynois et ce malgré les vicissitudes de la Guerre de  Cent Ans, résultat de cet union.

      En 1316, Jacques DUEZE, Cardinal-évêque de Porto est fait pape en Avignon sous le nom de JEAN XXII.  Natif de Cahors, il fit  appel à des vignerons quercinois pour cultiver et mettre en valeur le célèbre vignoble pontifical de  Chateauneuf.

     Malgré les tracasseries juridico-administratives imposées par la ville de Bordeaux (Port de la lune) aux vins du Haut Pays, depuis  l'édit injuste de 1373 concédé par EDOUARD III d'Angleterre et confirmé par LOUIS XI en 1461, le vin de Cahors garda une  place prépondérante dans les pays nord-européens (Angleterre, Pays-Bas, Allemagne) et même au-delà des mers grâce à son  excellente tenue.

     Il fallut attendre 1776 pour qu'un édit promulgué par LOUIS XVI, sous l'inspiration de TURGOT, abolisse en grande partie les  privilèges iniques dont bénéficiaient les bordelais et le "black wine of Cahors" puisse circuler sans contrainte et sans entrave dans  le monde entier.

     La Russie nous offre une saisissante histoire : celle de la production en ce pays et depuis longtemps d'un "Kaorskoïe Vino". A  l'origine de cette production, l'adoption par l'église orthodoxe du vin de Cahors comme vin de messe et par la cour des Tsars  comme vin d'apparat. Le Tsar PIERRE LE GRAND (1672-1725), affligé d'un ulcère de l'estomac, découvrit que le vin de CAHORS  était le seul qu'il puisse tolérer. Ainsi aurait-il voulu que son empire produisit ce vin.

     De 1850 à 1878, le vignoble du Lot (département créé à la révolution) connaît sa période de grande propérité et son  développement maximum. L'enquête agricole de 1866 montre que le département possède une superficie en vignoble de 58 000 ha.  et que la zone délimitée AOC de nos jours comprend 24 000 ha en amont et en aval de CAHORS.

     La crise phylloxérique, le plus terrible fléau qu'une production agricole ait jamais connu, atteint dès 1876 le vignoble cadurcien.  En 1883, tout le vignoble est touché. C'est un véritable désastre. La cause du mal, un puceron micorscopique batisé Phylloxéra  Vastatrix, importé d'Amérique du Nord. Ce puceron, par l'intermédiaire de ses larves est un parasite mortel du système  radiculaire des vignes européennes. La lutte, certes s'organisa et les traitements les plus fantaisistes furent essayés. En vain. La  vraie solution fut trouvée dans le greffage de Vitis vinifera sur les vignes américaines. Le greffage sauvegardait en effet les  qualités viniques du plan français, le sujet américain prote-greffe apportant sa résistance phylloxérique. Malheureusement, cette  solution marchait mal pour le Lot car le couple auxerrois/rupestris ne donna pas les espoirs escomptés et les vignerons découragés  se tournèrent vers la solution la plus économique à court terme l'hybridation. La vérité oblige à constater que les hybrides  sauvèrent la plupart des exploitations agricole dans le département du Lot.

     Aprés la seconde guerre mondiale, sous l'impulsion de la cave coopérative de PARNAC, créée en 1947, une tentative de  replantation de cépages nobles fut entreprise et en 1951 le vin de CAHORS accédait au label VDQS. Malheureusement les  terribles gelées de février 1956 et Avril-Mai 1957 anéantirent tous ces efforts. En 1958, le vin de CAHORS n'était plus que  l'ombre de lui-même avec moins de 1% de la production locale de vins.

     En 1960, grâce ) l'opiniâtreté de certains viticulteurs, de la cave coopérative et des pouvoirs publics, la renaissance du vignoble  de CAHORS est engagée. Tout d'abord avec le choix d'un nouveau porte-greffe et la sélection d'un greffon d'auxerrois. Dans le  même temps étaient introduits de nouveaux cépages. Les dix années qui vont suivre vont voir la résurrection du vin de CAHORS et  comme juste récompense sa consécration le 15 Avril 1971 au rang d'Appellation d'Origine Controlées (A.O.C).

 GEOGRAPHIE : Implantation du Vignoble.

     Le vignoble actuel s'étend sur 50 Km de part et d'autre de la ville de CAHORS. Duplateau de l'Albenque, 10 km en amont, à la  frontière du Lot et Garonne, 40 Km en aval. Cette zone de 40 000 ha de surface représente 1/12 du département du Lot. Le  vignole se situe le ong des rives du Lot, à une altitude de 100 à 300m. Il repose sur un plateau calcaire du secondaire dans lequel le Lot a dessiné de très nombreux méandres et déposé d'importantes masses alluviales. larépartition des vignes est de 70% sur les  terrasses de la vallée et de 30% sur un plateau du Causse. Le vignoble couvre actuellement une superficie de 4 800 ha, pour 208  en 1962 et 2600 en 1984.

    Situé dans une zone de transition climatique, il est soumis aux influences atlantiques par les vents d'ouest apportant pluie et  fraîcheur et aux influences méditerranéennes par le vent d'autan sec et chaud.

 Encépagement : Caractéristiques viti-vinicoles.

     La vigne appartient à la famille des ampélidées et au genre Vitis qui comprend plusieurs espèces : Riparia, Rupestris,  Berlandierie... et Vinifera, la vigne européenne. Le cépage principal du Vin de Cahors appartient à la famille des Cots : c'est  l'auxerrois, encore appelé malbec dans le Bordelais et en Val de Loire. Le noms des cépages est souvent fantaisiste et leur  synonymie déroutante. Il existe 5 000 cépages et pas moins de 40 000 synonymies de part le monde. En ce qui concerne  l'auxerrois, nous ignorons sa relation éventuelle avec le chef-lieu de l'Yonne. Le décret AOC du 15 avril 1971 prévoit un  encépagement minimum  de 70% en auxerrois. C'est lui qui donne au vin de Cahors sa couleur, sa typicité, sa spécificité tannique et  son goût. Ce décret  mentionne également quatre cépages d'appoint dans la limite des 30% restants.

 Le merlot : participant aux meilleurs grands crus du bordelais, il apporte son degré alcoolique, sa souplesse, sa rondeur et son  élégance.

 Le tannat : célèbre cépage du Madiran, il est une force de la natur.,Riche en tanin, il est dur dans sa jeunesse, mais sa dureté lui  confère une solide aptitude au vieillissement.

 Le jurançon rouge, ou dame noire, ou folle noire est aujourd'hui exclu par une décision de 1992. Trés ensible à la pourriture, il s'use rapidement et affaiblit l'auxerrois au bout de quelques années.

 Le syrat : grand cépage de la Vallée du Rhône, a lui aussi été totalement abandonné par le décret du 5 juillet 1979.

     Les vins de CAHORS sont des vins puissants, robustes, charpentés, hauts en couleur, quelque fois rustiques et paysans. Dans leur  jeunesse, ils sont fermés et austères, c'est leur "traversée du désert"et il est dommage de les boire en cet état. Ce n'est qu'après  un certain temps de vieillissement que le CAHORS exprime toute son harmonie avec arômes d'épices exotiques, sa rondeur, son  ampleur en bouche qui en font un des grands vins de France.

 Le renouveau du Vignoble

     Le vignoble de CAHORS, comme toutes les régions viticoles de France, s'est doté d'un syndicat des vins et d'une confrérie  bachique qui naquit à LUZECH en 1964 et dont le but est de promouvoir la qualité des grands crus, de distinguer les meilleurs et  d'honorer leur prestige. Pour atteindre cet objectif, le grand maître de la confrérie des vins de cahors, Alain-Dominique PERRIN,  président de Cartier International, propriétaire du château Lagrezette, lance le 1er décembre 1987 l'association "les seigneurs  du  CAHORS". Au départ "dix figures" du pays réputées pour leurs qualités et leur dynamisme. Ils sont onze aujourd'hui.

 - Château les "Bouysses"

 - Château de "Mercués"

  - Château de "Haute-serre"

 - Prieure de "Cénac"

 - Château "Chambert"

- Château de "Caix"

- Château de "Grèzels"

- Château " Leret-Monpezat"

- Château "Lagrezette"

 

 

Haut